« Oh Mrs Dalloway , à faire et à donner des réceptions, pour couvrir le silence »

J’ai peur. Tout le temps. J’ai peur de ne jamais être maman. J’ai peur des échecs. J’ai peur que les traitements ne fonctionnent pas sur moi. J’ai peur d’être celle pour qui ça se complique.

J’ai peur des pleurs futurs parce que les larmes qui ont déjà coulé m’ont abîmée. Il y a des épreuves dont on sort plus fort. Je ne suis pas sûre que celle-ci soit une opportunité de s’élever. J’ai peur des retours à la maison après les mauvaises nouvelles. J’ai peur de ne pas supporter les désillusions.

J’ai peur des annonces de grossesse. Peur qu’on découvre mes sourires forcés, qu’on soupçonne mes sanglots lorsque, une fois rentrée chez moi, j’imagine ces couples vivant leurs premiers instants de bonheur intense. J’ai peur des photos de bébés qu’on me montre enchanté. J’ai peur de mon cœur qui se sert, de ce mur qu’il me faut bâtir pour ne pas entraîner tout le monde dans ma peine.

Et puis j’ai surtout peur du silence. Celui qui refroidit tout, celui qui glace les corps et les cœurs. Ce silence qui vous transperce. Celui qui vous met sur le bas-côté. Celui qui vous murmure que vous êtes à l’arrêt, que le train, vous ne pouvez que le regarder passer.

Ce silence qui vous crie que vous n’avez pas votre ticket.

Ce silence qui chuchote pour finir par se taire. Par s’éteindre. Par m’atteindre. En plein cœur.

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Récapitulatif de notre parcours

Retour sur notre parcours :

Décembre 2014 : j’arrête la pilule mais on décide de se protéger jusqu’au début de l’année suivante (bon finalement, on était pas vraiment obligé hein…).

Janvier 2015 : Pas de règles à l’horizon ! Je rends une petite visite à mon gynéco qui me lance un « Mais vous êtes peut-être enceinte ! Faisons une prise de sang !  » Euh ok, mais je n’y crois pas ». Et je fais bien : prise de sang négative et toujours pas de règles.

Février 2015 : retour chez mon gynéco qui me fait une écho : « Vous avez plein de petits kystes sur les ovaires. Rien de grave ». Amour et moi ne comprenons pas très bien, bien que je redoute très vite les OPK (j’en avais déjà entendu parler et ça ne donnait pas envie ». Et à la question : « Peut-on prendre un médicament pour provoquer l’ovulation ? » Le gynéco répond par l’affirmative mais en refusant de me le donner, terminant la consultation par : « Mais vous êtes une gamine, vous n’avez que 29 ans ! « . Il me prescrit du duphaston, pour que mes règles reviennent (je ne comprends pas vraiment l’utilité mais j’exécute).

Mars 2015 : changement de gynéco ! C’est là que je fais la connaissance de GygyMiracle qui m’explique très vite que j’ai des OMPK mais que ce n’est pas grave, qu’il y a des protocoles prêts à nous aider. Début de clomid avec  comprimé. Pas d’ovulation.

Mai 2015 : on finit par trouver la dose qui convient (2 comprimés pendant 7 jours). On déclenche, on croise tout ce qu’on a mais ça ne prend pas. Très grosse déception bien que je m’y attendais un peu. Que ça fonctionne du premier coup reste tout de même très rare. On recommence avec la même dose, sans déclencher cette fois car je pars en vacances.

Juillet 2015 : j’y crois : mes règles n’arrivent pas… Le test est négatif. Mais les faux négatifs ça existe ! Malheureusement en revenant, après plus de 18 jours de retard, la réalité me revient comme un boomerang : kyste fonctionnel. Voilà pourquoi je n’avais pas mes règles. QUE DU BONHEUR. On décide de ponctionner mais l’opération est plus compliquée que prévu : c’est un kyste hémorragique. On attend qu’il se résorbe.

Août 2015 : le kyste a disparu ! Ô joie ! On commence le puregon (75 ui). Première écho de contrôle : la réaction est carrément explosive comme dirait le gynéco qui s’occupe de moi ce jour-là. Plus de 20 follicules mâtures, œstrogènes à plus de 5800. On arrête tout. Heureusement, pas d’hyperstimulation en vue.

Septembre 2015 : on recommence le puregon, on joue (pas sûre que ce soit le terme adéquat en fait) avec les doses. Tout ça est très compliqué, on finit par déclencher mais le follicule dominant est malgré tout petit.  Comme le dit GygyMiracle, mes ovaires sont en mode « on-off ». Soit y’a pas de réaction, soit c’est excessif. Et puis je suis fatiguée de devoir aller à l’hôpital tous les jours. Ben oui, on craint sans cesse que je fasse une hyperstim du coup on surveille au jour le jour. GygyMiracle me voit, plus pâle que pâle (translucide finalement) et dit qu’elle a réfléchi… Le drilling semble être la solution. Je pleure à nouveau. Tout semble sans cesse se compliquer. Et puis finalement, si cela pouvait vraiment nous aider ?

Octobre 2015 : on refait une dernière tentative avec le puregon avant l’opération. Pas de réaction, on stoppe les injections. J’attends l’opération, avec beaucoup d’appréhension…

Et c’est reparti pour un tour !

Après une semaine très éprouvante nerveusement (j’ai eu peur que la piqure de déclenchement n’ait pas fait effet), nous voilà repartis pour une nouvelle stim avec puregon. La dernière n’a pas été une franche réussite (trois follicules pas assez gros, mais on a été contraint de déclencher parce qu’une ribambelle d’autres pointaient le bout de leur nez derrière), alors on a changé le dosage : injection de 37 unités par jour. Oui mais voilà, 37 unités, ça marche pas avec le stylo puregon ! C’est 33,6 ou 41,6… Hier j’ai donc opté pour le 33,6, pareil pour ce soir. Mais demain j’appelle SuperGygy à la rescousse pour lui demander le dosage le plus pertinent. Premier contrôle jeudi prochain, on verra ensuite.

En réalité, je ne me prends pas la tête avec cette stim car on a prévu un drilling fin du mois. Là par contre, je croiserai fort les doigts !

Pour vivre heureux… Vivons cachés

Cela fait maintenant dix mois que nous sommes en essai. C’est-à-dire une micro-seconde comparativement à certains couples. Je ne peux pas encore me plaindre (et pourtant je l’ai déjà fait des centaines de fois…). Pas vraiment de quoi être fière, mais c’est plus fort que moi. Si Amour me lisait, il me dirait qu’il est trop facile de dire que je ne peux rien y faire. Et pourtant, j’ai bien l’impression que c’est le cas. Je suis le nez dans le guidon, pas du tout objective, et complètement centrée sur mon parcours. En gros, une belle égoïste (j’ai presque honte d’écrire ces mots).

BREF.

Dix mois d’essais donc, du clomid, un kyste et quelques semaines sous puregon plus tard, je peux l’affirmer : je suis passée par tout un tas d’émotions et de sentiments. Et il y en a bien un dont je ne me vante pas mais qui est pourtant devenu une sorte de fil rouge dans mon quotidien… Dans le mille : la JALOUSIE. Oui c’est vrai, je suis jalouse. Jalouse de celles qui n’auront jamais à craindre de ne pas devenir maman. Je jalouse ces femmes qui sont avec leur homme depuis moins longtemps qu’Amour et moi et qui tiennent déjà dans leurs bras leur bout d’chou. Je jalouse celles qui tombent enceinte quand elles l’ont décidé (on se comprend).

Et plus que tout, je redoute les annonces de grossesse. Je redoute que les femmes qui font partie de mon entourage plus ou moins proche ne crient haut et fort leur joie de devenir prochainement maman, de fonder leur famille. Ce n’est pas bien, je le sais. Je devrais me réjouir de leur bonheur. Je devrais être contente pour elles. Je devrais. Mais j’en suis loin. J’ai trop mal, trop peur, trop de questions. Je suis trop en colère. Je trouve cela trop injuste.