L’annoncer

Il y en a certaines qui se demandent comment annoncer leur grossesse à leurs proches. Et puis il y en a d’autres, comme moi, qui se demandent comment annoncer la PMA. Comment annoncer les difficultés, le parcours, les embûches et surtout les peurs.

Je sais que certains couples gardent cela pour eux. Nous, pas forcément. Nous en avons parlé progressivement, la famille, certains amis.

Ce soir, nous avions un dîner avec plusieurs de nos proches. Des amis. Nous avions décidé de leur dire, de leur expliquer. Au départ, l’objectif était que les conversations « bébé » soient peut-être plus pudiques : un seul couple a un enfant, les autres pas encore (mais ça ne saurait tarder). Donc finalement, il s’agissait d’abord de nous protéger. Et puis malgré tout de partager ce qui nous tient vraiment à cœur.

Nous leur avons expliqué. Cela a été difficile. Et finalement, cela ne m’a pas fait du bien. Je ne me sens pas mieux maintenant. Les réactions n’ont pas été celles que j’attendais, que j’espérais. Entre les « Mais ça ne fait qu’un an » (merci, je sais que ça peut être beaucoup plus long mais deux ovulations en un an ça complique quand même vachement les choses), les « Roh et moi je suis tombée enceinte sous pilule et j’ai avorté, je sais pas ce qui est pire » (Ah ben je peux t’aider, moi je sais ce qui est pire) et les copines qui vous expliquent que ça leur fait vachement peur parce qu’elles ont prévu justement d’arrêter la pilule dans deux mois, ça ne s’est pas passé comme je m’y attendais.

En même temps, je ne sais pas ce à quoi  je m’attendais. Je suis dure, intransigeante et à l’affût du moindre commentaire qui pourrait me blesser.

En résumé, je sais que nos amis ne nous veulent que du bien et que je dois être plus souple.

Néanmoins, je ne suis pas sûre de me confier encore. Parce que finalement, tant qu’on n’a pas vécu la PMA, on ne sait pas ce que c’est. Et quand on ne sait pas ce que c’est, on n’a pas les mots.

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