C’est l’histoire de la voisine et de son bébé

C’est avant tout l’histoire d’une nana qui a appris aujourd’hui que ce ne sera pas pour cette fois-ci. Après une stimulation de rêve et des rapports quand il le fallait, elle espérait un petit peu. Mais sans trop se prendre la tête. Et ce matin, après un détour par la case pma, elle a appris que la magie n’avait pas opéré. Elle s’en doutait un peu, les signes annonciateurs étaient arrivés en force. Elle n’est pas triste, juste un peu déçue.

Mais c’est aussi l’histoire de la voisine. La voisine, elle habite dans le même immeuble que la nana (forcément hein). Elle était enceinte et de toute évidence elle a accouché. De toute évidence parce que quand la nana était au téléphone avec sa mère en train de lui expliquer que c’était loupé, la voisine a débarqué avec son nouveau-né sur le trottoir, devant l’immeuble. La nana pense qu’elle revenait de la maternité. Ça lui a fait mal au cœur, à la nana. Parce qu’elle se verrait bien avec son petit bébé sur le trottoir, devant l’immeuble, à regarder son S. porter leurs affaires vers leur nouveau chez eux.

La nana et la voisine ont eu des journées bien différentes aujourd’hui. L’une a eu plus de chance que l’autre.

Mais la nana ne se décourage pas. En fait, c’est plutôt l’inverse (entre quelques séances de larmes, sinon c’est pas du jeu) parce qu’elle se dit que le prochain bébé de l’immeuble, ce sera le sien.

 

 

 

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Culpabilité et annonce

Lorsque j’ai fait ma fausse couche, nous en avons parlé autour de nous. Mon S. l’a dit à certains de ses amis et à une partie de sa famille, et j’ai fait de même. Je l’ai annoncé à ma meilleure amie qui a été une oreille très attentive, comme toujours. Assez bizarrement, elle n’était pas au courant de nos essais et de nos problèmes. Pourtant, d’autres personnes moins proches, comme certaines collègues, savaient ce que nous vivions. Mais lorsque j’ai fait ma fausse couche, j’ai voulu lui en parler parce que je savais qu’elle pourrait m’écouter et m’aider. Et c’est exactement ce qu’elle a fait.

Mais voilà, elle aussi essayait d’avoir un petit bout. La différence ? Elle est tombée enceinte pratiquement tout de suite. Elle me l’a annoncé très rapidement, je sais qu’elle était désolée de la tournure des événements. Et moi là dedans ? J’ai eu l’impression qu’on étouffait mon cœur, qu’on le réduisait à néant. Un cœur réduit en miettes. Je n’ai rien laissé paraître, enfin je crois. Je l’ai félicitée, lui ai dit que c’était la vie, que c’était comme ça. Elle m’a dit qu’elle espérait que nos petits n’aient pas trop d’écart. Que répondre à cela ? Il n’y a rien à répondre, rien du tout. De toutes façons, avec la gorge nouée, on ne peut pas marmonner grand chose. Parce que plus d’une fois, j’ai quand même dû ravaler mes sanglots.

Aujourd’hui encore, je trouve tout cela très injuste. Elle a réussi facilement là où moi j’échoue. Et je ne sais pas comment je vais gérer cette nouvelle situation. Elle est mon amie, je lui souhaite tout le bonheur du monde, elle le mérite bien. Mais je me sens incapable de l’écouter parler de ses échos, de ses maux de femme enceinte, du pratico-pratique à mettre en place pour l’arriver du bébé. J’en suis tout simplement incapable. Bien évidemment, je ne veux pas la perdre, du coup, je ne vois pas comment gérer.

Gérer ces nouveautés et puis ma culpabilité. Parce qu’elle est toujours là, tapie dans l’ombre, à me rire au nez. Je m’en veux de ne pas être capable de simplement me réjouir du bonheur des gens. Je m’en veux d’en vouloir à la terre entière.

 

 

De l’espoir à la pelle

Il y a quelques mois, en début d’année, j’écrivais sur l’espoir. Je disais que 2016 serait notre année. Et oui, j’en était convaincue : après la pluie, le soleil. Un soleil brûlant qui viendrait réchauffer nos cœurs. Un printemps sublimé après un hiver un peu trop long. Ce fameux article, je l’écrivais le 22 janvier.

Le 22 février, j’apprenais que j’étais enceinte. Je pensais bien avoir du retard mais je n’avais pas osé faire de test. J’avais trop peur de cette solitude glaciale qui vous frappe en plein cœur lorsque, assise sur le rebord de votre baignoire, comme on est assis sur le quai d’une gare, le négatif vous prend à la gorge. Alors j’avais fait une prise de sang. C’est mon S. qui avait décroché lorsque le labo nous avait appelés pour nous donner l’heureuse nouvelle. C’est lui qui m’a annoncé ce que nous attendions si ardemment. Je n’ai pas réalisé tout de suite. Mais j’ai directement pensé à Noël : plus de fêtes pleines de mélancolie, enfin de la joie à haute dose. Ce soir-là, en allant me coucher, je me suis dit que, voilà, on y était, la galère était derrière nous et qu’on avait finalement eu de la chance que ça aille si vite. Parce que oui, un an après l’arrêt de la pilule, c’était une vraie victoire. Et puis ça avait fonctionné trois mois seulement après le drilling, tout ça naturellement. L’extase.

D’espoir en désespoir, nous avons perdu notre nouvelle joie de vivre. Un œuf clair. Une douleur que je ne connaissais pas. Une peine qui vous immobilise. Et une cruauté que je ne comprends pas.

J’étais enceinte et je ne le suis plus.

Alors maintenant, je retourne à l’hôpital avec mes doses de Puregon sous le bras. Et malgré tout ça, malgré le fait qu’il n’y aura pas de bébé né en 2016, je crois toujours que cette année nous apportera de jolies nouvelles.

Parce qu’après la pluie, le soleil. Un soleil brûlant qui viendra réchauffer nos cœurs.